Dionisi Jean (trompette, chant)

 

Jean Dionisi est né sur le continent même où le Jazz a ses origines.
Sa mère est autochtone et son père Corse, haut fonctionnaire représentant la France.
Mais  c’est en Corse et à Toulon qu’il est élevé dés son plus jeune âge avec ses 3 frères et sa sœur

 

 

Dans l’entourage familial il n’y a aucun musicien, et on ne chante pas non plus, ce qui est plutôt rare en Corse.  Mais à la maison, en Corse, il y a un un piano acheté , pour sa sœur ainée qui jamais n’en joua… A Toulon, il n’y a pas de piano, mais un phonographe, et des disques de Chopin, Jean Sablon, Mireille, Tino Rossi.Premier contact avec le jazz quand il est choisi par sa maîtresse d’école pour incarner le danseur de jazz lors d’un gala de fin d’année scolaire sur la scène de l’opéra de Toulon.

 

Un autre contact, c’est quand il voit au cinéma  Nous irons à Paris avec l’orchestre de Ray Ventura et  sa musique Zazou dont il retrouve les mélodies sur le piano du salon

 

Enfin, contact définitif : Il a quinze ans quand ses frères ainés, qui vont en surprise-party, ramènent à la maison des disques de Jazz  de Louis Armstrong, Sidney Bechet, Mezz Mezzrow, Duke Ellington etc. Il est aussitôt conquis par cette musique métissée qui réveille en lui  une partie de son identité. Chaque semaine, il investit tout son argent de poche pour acheter à son tour les disques 78 tours de Jazz, et se met à collectionner les magiques galettes noires.  Il découvre alors le  Hot Five et le Hot-Seven fasciné par le son unique et les accents bouleversants du cornet de Louis Armstrong, puis ce sont les New Orleans Feetwarmers de Sidney Bechet, les Red-hot Peppers de Jelly-Roll Morton

Ami d’Henri Mendoze guitariste, dont le frère ainé Robert est peintre, il fréquente les artistes, peintres et sculpteurs  , l’école des Beaux-Arts, et, les Gitans  qui initient Henri au flamenco. Parmi les peintres talentueux du groupe 50 il y a Gilbert Louage, un artiste aux multiples talents et au fort charisme, qui  aime  la musique  classique et le jazz, les poèmes de Jacques Prévert comme ceux de Boris Vian,  Le Grand Meaulnes d’Alain Fournier  autant que  La rage de vivre de Mezz Mezzrow.
La lecture du roman autobiographique de ce musicien maudit est le révélateur définitif de la passion de Jean Dionisi pour le Jazz. Dés lors il veut jouer du jazz.

Un jour il voit en vitrine un cornet à pistons d’occasion !
Aussitôt, et avec précipitation il rentre solliciter son père, qui malgré son grand étonnement, consent à lui donner l’argent, non sans lui avoir dit que :”La musique ce n’est pas un métier…

C’est un autre conseil qu’il suivra : Celui des Gitans :« N’apprend pas la musique mon frère, ça va te casser le cœur… »
Alors il s’essaye  d’abord tout seul au cornet, puis finit par prendre quelques cours avec Georges Wellens qui est professeur au Conservatoire. Mais au bout de trois mois il est recruté par le docteur Tony Marmottans qui organise un orchestre.
Alors aussitôt il abandonne les cours, le solfège etc. Les musiciens sont des amateurs qui appartiennent au corps médical et aux professions libérales.
Les répétitions sont  des réunions de détente dans la bonne humeur et l’amour du style de Jazz New Orleans.

Quelques mois plus tard un autre trompettiste, un dentiste nouvellement installé à Toulon intègre l’orchestre. A Paris il a joué avec Pierre Merlin et Claude Rabanite les cornettistes de Claude Luter, l’orchestre de Pierre Atlan, Armand Gordon et a accompagné en concert Lil Hardin-Armstrong ! Son nom est Gérard Sylvian. Il dit à Jean Dionisi : « Viens, on va jouer à deux trompettes les parties de King Oliver et Louis Armstrong. »
L’orchestre progresse à son contact, puis bénéficie de la collaboration d’ Armand Gordon un des plus illustres musiciens  parisiens de style New Orleans qui après avoir accompagné en tournées, Mezz Mezzrow et Albert Nicholas, vient de licencier son orchestre suite à un revers de succès et  séjourne  à Toulon pendant environ 2 ans. Bernard Daurat qui a été son clarinettiste à Paris et qui a joué avec Marc Laferriere et Maxim Saury, se fixe à Toulon et vient dynamiser l’orchestre qui emploie de temps à autres le batteur Al Craig installé à Nice. Le groupe passe à un niveau qui lui permet de participer à différents concerts à Toulon, Arles, Nîmes…

A partir de cet orchestre qui deviendra le Doctor Jazz Society va naître en 1967 l’association  Jazz Méditerranée pour promouvoir le Jazz à Toulon. Et, c’est ainsi qu’en 1968 Jean Dionisi décide d’organiser des concerts, et pour commencer, le Hot Jazz Festival à Châteauvallon ( le premier des festivals de Jazz varois ) avec en tête d’affiche Mezz Mezzrow

Après 1968 Jean Dionisi quitte le Doctor Jazz Society et abandonne même la trompette pour se consacrer à la promotion  et à l’organisation de concerts et festivals à Toulon, Château-vallon, Tour Royale, stade Mayol, Opéra, Cavalaire, Hyères…
Les plus illustres musiciens de Jazz viendront ainsi se produire à Toulon et dans la région: Mezz  Mezzrow, Buddy Tate, Sammy Price, John Lee Hooker, Lionel Hampton, Milt Buckner, Errol Garner, Albert King, Memphis Slim, Chet Baker, Dexter Gordon, Milt Jackson, Claude Luter, Art Blakey, Dizzy Gillespie, Mac Coy Tyner, Sy Oliver, Luther Allyson, Michel Petrucciani, Duke Ellington…et encore beaucoup d’autres…

Dans le même temps, Jean Dionisi participe à l’aventure des  Radios libres , crée un  Jazz club . Organise des voyages à la Nouvelle Orléans, donne des séries de conférences.

Après avoir rencontré Bunny Briggs, nommé  le danseur des cathédrales pour sa participation aux concerts de musique sacrée de l’orchestre Duke Ellington, et après une  déterminante conversation, Jean Dionisi se remet à la trompette et organise un nouvel orchestre, le Phoenix Jazz Band...qui se classe rapidement parmi les meilleurs en participant à de nombreux  concerts et festivals en France et à l’étranger.

Aujourd’hui Jean Dionisi, conjointement à la direction de son orchestre, assure depuis  dix années la direction artistique du café-théâtre de la porte d’Italie à Toulon, ainsi que la promotion et la production de concerts à Sanary ( Théâtre Galli ) Saint Raphaël ( Espace Félix Martin ) Hyères, Brignoles..

 

Pour le contacter par mail : jean.dionisi@free.fr