Tigran Hamasyan à Venelles le 20 novembre 2011

Interview réalisée pour Jazz en Provence par Patricia Bouteiller le dimanche 20 novembre 2011 à Venelles à l’occasion d’un concert public en piano solo organisé par le Service Culture de la ville de Venelles et l’association Comparses & Sons.

Traduction de l’anglais Patricia Bouteiller & Ezéchiel N’Tsaï.

Crédit photo Venelles Culture

 

JeP : Bonjour Tigran et merci de nous recevoir avant votre concert. Votre venue est exceptionnelle et un bonheur pour nous tous. Donc pour commencer, pourquoi ce concert en Provence ?

Tigran Hamasyan : Mon agent m’a parlé de cet endroit, et de jouer dans une église, et j’ai dit oui.

 

JeP : Vous étiez déjà chez nous, cet été, à La Roque d’Antheron …

TH : Nous en parlons ensemble, avec mon agent, il me propose des lieux pour jouer, et je réponds oui… ou non.

 

JeP : Que représente la France pour vous ?

TH : La France est le pays où j’ai commencé ma carrière de musicien professionnel. Je me suis également produit bien sûr souvent en Arménie, où je suis né, mais ma toute première tournée professionnelle était en France (grâce à Stéphane Kochoyan, ndlr).

 

JeP : Vous vivez à New York …

TH : Oui. J’ai d’abord vécu cinq ans à Los Angeles, et maintenant, je suis à New York.

 

JeP : Il y a une ville que vous préférez ?

TH : A la vérité, je n’aime pas particulièrement une ville ou une autre, elles sont toutes géniales. J’aime Los Angeles, j’adore New York, j’aime Gyumri aussi, la ville d’où je viens, dans mon pays.

 

JeP : Quelle différence y a-t-il entre le jazz aux US et le jazz en France ? Est-ce plus facile pour les musiciens à New York ?

TH : Absolument, oui. New York est encore et toujours la capitale du jazz. Tout le monde est là. Il n’y a pas forcément la nécessité de vivre à New York pour créer de la musique, mais vous ne pouvez comparer New York à un autre endroit, ll y a tellement de choses qui s’y passent, tellement de musiciens…
Par exemple, il y a aussi à Oslo, en Norvège, des musiciens stupéfiants, venant de ce pays. Ce n’est certes pas comparable à New York, bien qu’il y ait des connections entre les musiciens américains et norvégiens, cependant, New York reste très spécial (du rock au jazz, en passant par le metal norvégien, Tigran s’inspire de toutes ces musiques, ndlr).

 

JeP : L’Arménie est une source d’inspiration pour vous ?

TH : Oui, elle l’est, définitivement.

 

JeP : J’ai lu que vous vous intéressiez aussi à la musique classique indienne ?

TH : Oui. J’adore cette musique. C’est une grande source d’inspiration pour moi.

 

JeP : Vous pensez à un album, avec cette musique ?

TH : J’ai découvert cette musique il y a 10 ans, lentement, j’apprends, elle entre dans mes compositions mais ce n’est pas nécessairement dans mes projets, dans l’immédiat. J’ai eu une collaboration avec ce précieux musicien, Trilok Gurtu, qui a été une formidable expérience pour moi.

 

JeP : Votre plus belle rencontre musicale ?

TH : Il y en a peu… L’une d’entre elles, c’était lorsque j’avais 12 ans, la première fois que j’ai rencontré Jeff Ballard, Avishai Cohen et Chick Corea, et puis quand j’ai rencontré Ari Hoenig et que nous avons joué ensemble, c’était une expérience extraordinaire.
La première fois que j’ai joué avec Trilok, également. Et lorsque j’ai formé mon premier groupe, avant mon album solo, j’ai enregistré en quintet, et c’était un grand moment qui faisait partie de mes rêves, d’avoir un groupe comme celui-ci, et de concrétiser ma musique avec ce groupe était magique.

 

Jep : Et votre prochain concert en France ?

TH : Dès demain à la Maroquinerie, à Paris, où je vais retrouver mes musiciens . En fait, il y aura trois concerts sur Paris, puisque je serai aussi au Café de la Danse et au Collège des Bernardins. Je vais  jouer le répertoire de mon album, A fable, mais en présentant les Variations, avec des arrangements différents et des invités. Ce sera rock et en trio, à la Maroquinerie, avec, en invité, Nguyen Lê, puis en quartet au Café de la Danse, et en duo, au Collège des Bernardins, en compagnie de Magic Malik.

 

JeP : Merci beaucoup Tigran de nous avoir fait l’honneur de nous recevoir et un excellent concert !

TH : Merci !